Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 16:34

La suite de mes pérégrinations mentales liées au poker sera à la fois la suite de la série des "Psycho de comptoir" et celle des "Questions de base(s)", puisqu'elle traitera d'un sujet qui peut facilement intégrer l'une ou l'autre de ces catégories d'articles : le style d'un joueur.

 

Si busty, zara ou mama passent par là, non il ne s'agit pas de parler chiffon, en commentant l'allure de tel ou tel joueur, les vêtements qu'il porte, etc.!

 

Je me moque gentiment, car je sais bien que depuis qu'elles prennent des cours particuliers, ce sont des tueuses qui identifient leur cible en moins de temps qu'il n'en faut à winamini pour rentrer ses poulets!

 

Et c'est bien là un élément important, primordial même, si l'on veut rester gagnant au poker sur le long terme, sauf si on s'appelle Gontran "La Chance" Bonheur :

 

gontran-bonheur.jpg

 

Pourquoi le style d'un joueur revêt-il autant d'importance à mes yeux? C'est aussi simple à comprendre que difficile à appliquer de la façon la plus optimale qui soit, et c'est sans doute beaucoup pour cela que certains joueurs sont bien gagnants, et que d'autres comme moi peinent à ne pas être perdants.

 

Bien sûr la technique compte énormément, il faut connaître par coeur un certain nombre de statistiques, il faut être capable de compter les outs pour déterminer la meilleure façon de jouer chaque street d'un coup.

Cela demande de l'apprentissage et de l'entraînement, mais de plus en plus de joueurs ont de solides bases techniques, la différence doit donc se faire ailleurs.

 

Si la chance entre en ligne de compte, et si des périodes plus ou moins longues de réussites ou de déconvenues existent bel et bien, force est de constater que certains joueurs parviennent très souvent à "perfer".

 

D'accord le volume de jeu y est prépondérant, et vous allez me dire qu'on ne sait pas combien de tournois ils ont perdus avant chaque perf, et vous aurez raison. C'est bien pour cela que je n'aime pas les classements par gains, qui ne veut strictement rien dire à mes yeux.

 

Malgré tout des joueurs traversent les périodes de bad beats en continuant de réaliser de beaux résultats, souvent des tf, voire des podiums ou des wins, pendant que d'autres comme moi ne font que de petits itm.

 

C'est là que le style de chaque joueur prend toute son importance, et peut transformer un petit itm moisi en belle place payée.

 

Deux choses sont à étudier  :

- notre propre style

- le style des adversaires à la table

 

Concernant le style des adversaires, mon faible volume de jeu et le nombre important de joueurs sur les rooms ne m'offrent pas encore énormément d'indices, et trop souvent je manque d'informations pour en déduire une stratégie vraiment efficace. Je me suis offert le tracker xeester depuis peu, il me servira peut-être pour recueillir plus d'infos utiles (j'avoue que je n'ai pas souvent pris de notes sur mes adversaires, paresseux que je suis... ).

 

Par contre je suis en train de m'attacher à analyser mon propre style, et à le travailler.

Personnellement je suis passé d'un style serré agressif, le fameux TAG, à un style large agressif (LAG). Pourquoi donc?

 

Raison n°1 : pour changer, pour tester, pour réfléchir, et éventuellement pour revenir à mon ancien style d'une façon plus efficace.

 

Raison n°2 :

La plupart des joueurs "sérieux" étant TAG, pour faire la différence et être le moins lisible possible (et donc le moins exploitable), je pense qu'il faut élargir sa range afin de provoquer des accidents (on ne gagne pas souvent beaucoup de jetons avec AA ou KK, mais on peut en perdre gros).

L'agressivité bien dosée combinée à une meilleure lecture du jeu de l'autre qu'il n'a de votre jeu doit conduire au succès.

Mais ce n'est pas facile, car trop d'agressivité offre aussi de très bonnes occasion à l'adversaire observateur de vous bluffer, de vous 3bet ou 4bet light, ou encore de vous floater (pour ceux qui ne connaitraient pas ce terme il s'emploie lorsque l'on call une relance en position sans avoir une réelle bonne main, dans le but d'attaquer en cas de check adverse sur un flop qu'il aura la plupart du temps raté, en bluff ou en semi-bluff, ou parfois en ayant percuté le flop en étant assez illisible).

 

Prenons 2 exemples :

 

- Je suis bien pourvu en jetons au milieu d'un MTT, j'agresse la table (je joue alors LAG), souvent en position, avec un éventail de mains très large. Mes adversaires commencent à en avoir marre, surtout celui qui est en big blind quand je suis au bouton (de même pour celui qui est de big blind quand je suis au cut off). S'ils sont un minimum compétents et pas "scary money", ils vont savoir que je relance souvent avec des mains qui ne résisteraient pas facilement à un 3bet, ou qui risqueraient de perdre pas mal de jetons en callant le 3bet: du coup certains ne vont pas se priver pour shove dès que je relance en position tardive, m'ayant identifié comme un joueur agressif en position, mais n'allant pas risquer une part importante de son tapis avec des mains spéculatives (par exemple des K9s, des JT, etc.).

 

Certains d'entre vous vont se reconnaître!

 

L'objectif alors va être de gagner plus de jetons en volant les blinds que de jetons perdus en se faisant 3bet shove. Une question de dosage dans les sizings, dans la fréquence d'attaques, et dans l'identification de la capacité des adversaires à contrer vos attaques.

J'avoue que je ne maîtrise pas encore cet aspect, surtout dans certaines phases du tournoi, dans lesquelles assez systématiquement je ne touche que très peu de jeu, sans être vraiment capable de rester agressif juste comme il faut pour garder un stack important.

 

Par contre bien entendu l'objectif, en plus de voler les blinds, est aussi de faire commettre une erreur à l'adversaire, qui peut être tenté de payer ou d'envoyer plus facilement son tapis lorsque vous avez une premium.

 

Malheureusement pour moi depuis quelques mois, malgré ce côté agressif, je n'arrive que très peu souvent à me faire bien payer mes premiums, comme si mes adversaires ne jouaient que leurs cartes, sans se soucier de mon image à la table. C'est assez frustrant!

 

De plus je dois bien avouer que parfois l'impatience, la fatigue, ou encore une certaine forme de tilt me fait commettre l'erreur que je voulais que l'autre commette! Je me souviens de quelques exemples où je paie un tapis avec JJ, me disant que l'autre en a marre d'être agressé, alors qu'en fait il a tout simplement KK!

 

Bref beaucoup de travail pour être au point!

 

- 2ème exemple : je joue cette fois-ci serré agressif. Je vais donc avoir une image qui va me permettre d'être moins surrelancé lorsque je rentre dans un coup, et qui peut me permettre de voler de temps à autre les blinds pour passer quelques tours tranquillement.

 

L'inconvénient est qu'on va être un peu mieux lu, qu'on va en théorie moins valoriser ses bonnes mains (bon ça ce n'est même pas sûr, car parfois je suis sidéré de voir de quelles livraisons certains bénéficient, alors qu'il n'ont pas bougé un jeton depuis 1h ), qu'on risque d'être payé par des adversaires qui vont justement chercher à provoquer l'accident. Par contre on connaîtra moins de fluctuations de stack qu'en jouant large agressif.

 

Il faudrait rentrer dans les détails pour mieux expliquer les différences entre les 2 styles qui sont prônés, étant entendu qu'a priori les styles serré passif et large passif ne sont pas EV+ (pas gagnants sur le long terme). Mais attention, je suis sûr qu'il y a des joueurs serrés passifs qui sont plus gagnants que moi, car ce ne sont que des moyennes, qui ne prennent pas en compte le moment où les coups ont été joués, contre qui, avec quels sizings, etc.

 

Bien entendu il peut y avoir de grandes différences entre plusieurs joueurs de la même catégorie, pour les analyser plus finement il faudrait faire un article sur l'utilisation des trackers en MTT, mais là je suis encore un novice en la matière!

 

Pour résumer pour aller très loin dans un tournoi, il faut du jeu, de la chance (ou au moins pas trop de malchance), de la technique, des bonnes lectures, et aussi avoir bien cerné le profil de ses adversaires, afin de ne pas compter que sur ses cartes pour espérer l'emporter. Il faut aussi être conscient de l'image qu'on renvoie aux autres, afin d'en tirer partie (mais il faut en plus savoir qui parmi les joueurs va tenir compte ce cette image renvoyée ).

 

C'est ainsi que certains parviennent à gagner de gros gains sur des tournois, pendant que d'autres se contentent de se rembourser ou de juste doubler leur buy-in, c'est ce que je dois travailler en priorité, sinon je vais continuer de me plaindre indéfiniment de mes coin flips décisifs perdus!

 

Mais comme au tennis, où lorsque vous changez un coup (le service par exemple), pendant un an votre jeu se dérègle et vous êtes moins bon qu'avant, jusqu'à ce que le nouveau geste apporte son efficacité et que le reste revienne, je crois qu'au poker il faut aussi revenir de temps en temps aux fondamentaux, pour ne pas se perdre tout seul. Encore une fois c'est une question de dosage!

 

Vos avis sur ces fameux styles de jeu sont les bienvenus comme d'habitude!

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by mad_thorgal
commenter cet article

commentaires

Romain@croupier poker 14/05/2013 22:37


Je pense que la difficulté, c'est de
faire en sorte que les joueurs nous cataloguent dans un style alors qu'on veut justement l'ajuster en fonction de la table... Enfin, c'était mons cas en live en tout cas :/


Selon les lieux, on me voyait nit ou mega loose, c'est assez marrant de
jouer avec l'image qu'on renvoie, c'est ce qui me plaisait le plus.


Je me souviens de quelques débuts de tournois où je m'amusais à
relancer quasiment toutes mes mains. Juste histoire de provoquer une ou deux horreurs et d'être catalogué.


C'était une époque où j'expérimentais des trucs lol, bon ça marchait
rarement :)

mad_thorgal 15/05/2013 09:17



Le problème de jouer avec son image et donc de tendre des pièges, c'est que (souvent) on y arrive tellement bien à piéger l'autre qu'on ne peut plus le lire non plus, et qu'on se prend de ces
bads!



elperuviano 12/05/2013 10:57


Tu me plais!

mad_thorgal 12/05/2013 16:09



 J'suis pas un mec facile



Mama 10/05/2013 13:32


Merci pour le clin d'oeil...IMO pour être un joueur gagnant il faut de toutes les manières évoluer et se poser des questions sur son jeu en permanence... ceux qui sont persuadés d'avoir la
science infuse finissent toujours par s'effondrer ....

mad_thorgal 10/05/2013 16:22



Oui ça c'est sûr! De toute façon vu mes résultats actuels je ne peux que progresser lol! Dire qu'en plus je me permets de rater des finales... (une du club poker 6max et nue d'ACF, je n'étais pas
revenu à l'heure de mes matchs de tennis et je n'y ai plus pensé en arrivant crevé chez moi^^)



blacksuccube 10/05/2013 11:31


La vache, tu m'auras fait cogiter toi aujourd'hui


Dans la série des questions métaphysiques, j’en ai d’autres qui me sont venues. Je te les mets en
vrac.


Au-delà de ton style de jeu, est-ce que tes habitudes de jeu n’influencent pas trop ton style. Je
m’explique :


-      
Tu es un chasseur de ticket (comme je suis un joueur de DON dès que ma BR prend une teinte anorexique) et
donc nécessairement ton jeu dans les MTT classiques ne s’adapte pas suffisamment. Le fait de viser les places payées pour chiper un ticket te limite dans ta capacité à prendre des risques quand
seule la win est belle.


-      
Tu es un joueur de classement (comme Bruno qu’on raille gentiment sur sa capacité à survivre avec 1.2BB
mais qui est quasiment systématiquement dans les classements qui privilégient la régularité) et donc même chose.


-      
Tu es un joueur qui pense d’abord à sa BR plutôt qu’à son one time. La question est la suivante :
faut-il viser le top 3 (généralement les seules places réellement bankable) ou ITM ? vaut-il mieux gagner un 5 euro et empocher 600 ou 700 euros une fois par an ou faire 50% d’ITM pour en
gros avoir la même valeur de gain ? Je côtoie beaucoup de joueurs qui préfèrent sortir vite d’un MTT plutôt que de passer 4 ou 5 heures pour gagner 10 ou 15 euros. Quitte à avoir une courbe
Sharscope ou Xeester bizarre…


Bref, tu as 4 heures, cette fois le coefficient est 10. Tu risques de doubler, non pas ton stack mais ton
année 

mad_thorgal 10/05/2013 12:48



Je me suis aussi posé ces questions, mais je crois que je ne fais pas assez de satellites par rapport aux MTT pour que cela me donne trop d'habitudes. Je suis capable en effet de me laisser
tomber assez bas quand toutes les places ont la même valeur, mais j'évite de le faire en MTT.


En effet certains coachs préconisent d'être très très patient, alors que de plus en plus de gros joueurs doublent ou bustent assez tôt. Si l'on sait bien gérer les fois où l'on double, cela peut
être profitable, et la courbe sharkscope peut être belle aussi (pas une ligne droite qui monte mais un escalier qui monte par à-coups, c'est pas mal non plus).


Par contre chez moi pour le moment cela ne fonctionne pas: je perds régulièrement ces coups où je tente de doubler, et les fois où je double je ne dois pas savoir bien gérer mon stack (disons
aussi qu'il ne suffit souvent pas de doubler une fois pour aller loin, alors on prend 2 ou 3 coin flips, ou on monte son stack sur d'autres spots moins high variance?)


C'est là-dessus que je vais travailler, dès que je peux rejouer un peu sérieusement, quitte à continuer de perdre encore!



blacksuccube 10/05/2013 09:53


bel article. dans la catégorie psycho de comptoir, je te rajoute un pan que tu pourras insérer dans ta prochaine copie (coeff 5, attention).


je me suis reconnu dans bcp des points que tu abordes, il y a en plus un autre élément basé sur ma propre expérience :


- tu montes de jetons parce que tu as eu de belles livraisons ou que tu as correctement varié ton jeu. Sans être le CL du tournoi, tu es celui de ta table. et là, généralement mes problèmes
commences


- soit je ressers mon jeu et, bien entendu, le désert de cartes s'installent et tu te prends pour BRduke et finis par finir ITM mais exangue avec des ITM en carton


- soit je tente de jouer le CL en aggressant et je me fais punir soit par d'infames chattards soit plus prosaiquement par de meilleurs joueurs et tu finis ITM en carton, mourrant...


Certes, il reste du chemin pour moi, mais pourquoi n'ai je jamais ou rarement à ces moments là la part de chance nécessaire? si tu sais le tirage qui rentre à un moment important...pas les AA que
tu touches dans les premiers niveaux...etc... etc...


mais encore une fois, excellent article

mad_thorgal 10/05/2013 11:02



J'aurais pu écrire ce que tu marques, mot pour mot, mais je ne voulais pas trop "whine"


Mais il est vrai que de nombreuses fois où j'avais monté de gros stacks, j'ai été puni en étant devant alors que normalement c'est bien connu c'est le chipleader qui touche tout et met des bads
aux stacks moyens!


Toujours l'éternelle question de la gestion de stack (on le prend le coin flip contre le short ou pas? En général si je le prends je le perds, et je retombe dans les stacks moyens, c'est le
désert et je fais un itm en carton, si je ne le prends pas je me fais passer par tous ceux qui les prennent et les gagnent et je fais un itm en carton...


Mais je fais aussi des erreurs (de plus en plus depuis que je run bad, comme au tennis quand un coup ne passe pas et qu'on veut le forcer à tout prix, c'est encore pire), à parfois vouloir trop
contrôler le pot j'en arrive à ne plus être capable de lire la main adverse, et parfois à trop vouloir être agressif je m'enfonce dans un bluff alors que j'ai senti de la résistance et qu'il est
clair qu'il ne lâchera pas.


J'ai fait 2 satellites aujourd'hui (pour tickets à 5€ et à 50€) : 2 bulles lol, comme quoi je suis constant quel que soit le buy-in!



Présentation

  • : Le blog poker de mad-thorgal
  • Le blog poker de mad-thorgal
  • : Ma vie de joueur amateur de poker: mes réussites, mes échecs, mes rencontres, mes objectifs... Membre de la communauté LKTeam et des forums pokeras73, Poker Académie, Ecole Française de Poker, Made in Poker, Club Poker, DavidL Communauty.
  • Contact

Partenaire

Card Player France - La référence

Recherche