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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:35

Sharks, fishs, serrures, agros, calling stations, retards, livetards, regs, ... autant de mots qui désignent un joueur de poker par son style de jeu, et souvent qui dénotent de son niveau (perçu) au poker.

 

Mais qu'est-ce qui définit votre niveau? Les résultats? La régularité? Votre style de jeu? Vos stats? (VPIP, PFR, AF, etc.)

 

Pour certains joueurs c'est assez simple : leur style est tellement tranché qu'il est à la portée du 1er adversaire venu de l'identifier.

 

Ensuite reste à savoir si ce style fait de ce joueur un gagnant ou pas.

C'est assez rarement le cas, puisque quand on identifie très clairement le style de jeu d'un adversaire on peut utiliser ces informations, et logiquement sur le long terme on ressortira gagnant des confrontations contre lui.

Plus il y a de joueurs qui identifient cela, plus il est exploitable et il sera forcément perdant assez rapidement.

 

mano45.png

Ca pique!

 

 Ce type de joueurs existe bel et bien, et ils sont bien perdants. Les joueurs de cash game ou de live adorent les avoir à leur table. Pour les autres, c'est plus compliqué, car en tournoi, quand on tombe à leur table ce n'est jamais pour très longtemps, et selon le niveau des blinds, la hauteur des stacks et les autres adversaires il peut arriver assez souvent de ne pas parvenir à prendre des jetons à ces joueurs, c'est d'ailleurs assez frustrant!

 

Ces mêmes joueurs sont ceux qui vont mettre les bad beats les plus incroyables. Sur la room sur laquelle je joue le plus, Winamax poker en ligne, j'en vois des tonnes. Pourtant ils ne sont pas forcément plus chanceux que les autres, c'est juste que là où ils vont très mal jouer en payant, un autre aurait couché sa main et n'aurait donc pas eu la moindre chance (statistiquement) d'infliger un bad beat. Mais la plupart du temps ils feront ce qu'on a coutume d'appeler des livraisons. Tout se rapporte donc à un volume de jeu suffisant pour que les bad beats sont atténués par les livraisons. En cash game c'est facile, en MTT beaucoup moins.

 

Toujours est-il que le niveau de ce genre de joueurs, très faible, n'est remis en cause pas personne, pas même la plupart du temps par les intéressés (qui savent bien combien ils perdent tous les mois pour continuer à jouer).

 

baleine.png

OMG!!!

 

A l'inverse certains sont tellement difficiles à jouer, et connaissent tellement de bons résultats, que l'évidence est là aussi criante : ils sont très bons! Leur courbe sharkscope ressemble à l'ascension du mont Everest :

 

 

tatta.jpg

Jolie régularité non? Joli volume aussi, un gros régulier et bosseur pour sûr...

 

Certains connaissent des parcours plus cahotiques, sans doute liés au one time, ou encore au tilt (ou à d'auters aspects plus louches qui sait?) :

 

sharkscope-yoyo.jpg

Bon, a priori un chattage d'un gros MTT, et derrière il s'est enflammé en CG high limits sans doute, avant de se calmer avant d'avoir tout reperdu... Je ne vois que ça!

 

 

Plus bizarre : 

 

courbe-bizarre-copie-1.png

 

Et puis on trouve ceux qui prennent tous les risques pour rester gagnants, en jouant des HU à 1000€ en full bankroll : pour lui pour l'instant c'est passé à chaque fois, mais combien se brokent ainsi?

 

appleman.png

 

Il est aussi possible de progresser en étudiant, ou après un bad run de fou :

 

 

fish-qui-progresse.png

 

Le contraire est aussi vrai, comme nous lemontre la courbe du célèbre pro Joe Cada :

 

graphjoecada-copie-1.jpg

Faut pas arrêter de se remettre en cause et de bosser Joe!

 

On peut enfin jouer au poker comme on joue au loto, et même gagner parfois :

 

graphluckbox-copie-1.jpg

Terrible cette courbe non? Réussir à rester even si longtemps quasiment sans jamais gagner ou perdre  est un exploit déjà non?

 

Bref je m'égare, revenons à nos moutons et au niveau des joueurs de poker.

 

Pour les mauvais ou pour les très bons, c'est plutôt aisé de les repérer. Mais l'immense majorité des joueurs, celle qu'on affronte tous les jours, se trouve entre les 2, et pour eux cela se complique.

 

Tout d'abord pour les petits joueurs comme moi (et sans doute dans une mesure plus ou moins grande comme vous, puisque je n'imagine pas les gros sharks perdre leur temps à me lire lol), on ne passe pas notre temps à étudier les courbes sharkscopes de nos adversaires.

 

En effet cela prend de la place sur l'écran, qui est souvent déjà bien rempli avec nos tables, nos fenêtres de tchat, et tout ce qu'on fait à côté.

 

De plus après 5 recherches par jour il faut payer, donc on est vite limité.

 

Enfin les informations que l'on pourrait récupérer ne sont intéressantes que si l'on rencontre souvent (ou longtemps) les joueurs : j'ai déjà identifié des joueurs comme étant "mauvais" à cause de quelques coups sur un tournoi, avant de m'apercevoir que c'était en réalité des gros sharks (qui jouaient peut-être 20 tables à côté, ou jouaient un petit buy-in en prenant beaucoup de risques, ou bien encore en ayant fait une erreur, ça arrive).

 

Comment alors définir notre propre niveau et celui des autres auxquels on est confronté?

 

Pour le nôtre, si on ne se ment pas, on peut assez facilement le déterminer, selon nos gains et nos pertes.

 

latinsnake_diagramme.png

 

Pour les autres ça se corse. Il y a : 

 

- ceux qui jouent au poker comme ils vont au cinéma ou comme ils s'achètent des cartouches de cigarettes : ceux-là s'en fichent pas mal d'être perdants sur le long terme, ils remettent 50€ ou 100€ tous les mois, et visent juste l'adrénaline, le one time sur un beau tournoi qui peut tout changer. Ces joueurs sont durs à jouer, n'ayant pas réellement de façon de jouer déterminée et réfléchie, selon l'humeur du jour, mais je conçois tout à fait cet état d'esprit.

Le jour où ça rigole ils peuvent espérer effacer toutes leurs pertes, voire gagner assez gros, alors que quelqu'un qui respecte (trop?) le "bankroll management" va limiter les risques de se broke, mais aussi les chances de gagner gros et de franchir un palier dans les buy-in.

Même un gros shark online comme Neuville25 a très vite joué des 100$ rebuy, totalement hors gestion de bankroll, mais a rapidement gagné un de ces tournois pour 66000$ de gains, il a ensuite pu continuer à jouer des gros tournois tout en gérant son argent ; quel que soit son talent la réussite a été vite au rendez-vous, et ça ça compte!

 

images.jpg

 

- ceux qui gagnent régulièrement de belles sommes, et qui postent leurs screens : j'ai longtemps cru que tous étaient des très bons joueurs, ce qui pour la plupart est vrai, mais je me suis rendu compte que pour d'autres il fallait modérer cette impression, car malgré ces jolis gains et la petite notoriété qui va avec, ils étaient quand même perdants! Cela ne veut pas dire qu'ils sont mauvais bien entendu, mais peut-être juste qu'ils appartiennent à la catégorie précédente, et que pour parvenir à enfin faire une tf et gagner 1000€ par exemple, ils ont joué 12 tournois à 100€ (ou plus) et perdent donc de l'argent au final.

 

A ce propos j'en ai déjà parlé mais je trouve aberrant les classements que l'on peut trouver dans les magazines poker: comment peut-on dire qu'untel ou untel est numéro 1 français juste en regardant ses gains, sans se préoccuper de ses pertes, du nombre de tournois joués, de s'il est sponsorisé ou non, etc.

Bien sûr il faut bien trouver des critères pour classer les joueurs, mais bon...

 

Money-management.jpg

 

- ceux qui misent sur le volume et jouent sur 15 tables en même temps: ils sont très forts, car cela nécessite de prendre très vite les bonnes décisions, et parviennent à ne pas se laisser déborder (moi au-dessus de 6 tables c'est la cata ^^), mais on peut imaginer qu'ils jouent un peu comme des robots, sans pouvoir réellement prendre les informations à la table puisqu'ils ne suivent quasiment aucun coup lorsqu'ils ne sont pas dedans; après c'est sans doute une bonne tactique, puisqu'il suffit d'être bien placé dans un ou deux MTT pour largement rembourser tous les autres. De plus,  pour les joueurs de CG,  ces derniers récupèrent en rake back une part non négligeable de leur investissement, part qui peut carrément devenir un gagne-pain à part entière pour les gros grinders qui voient leur fidélité aux rooms récompensée (certains joueurs de cash game sont break-even voire légèrement perdants mais repassent gagnants grâce à ce programe de fidélité).

 

- ceux qui jouent uniquement des freerolls et qui n'ont jamais investi d'argent pour jouer au poker : j'ai le plus grand respect pour eux, car jouer des heures contre des milliers de joueurs qui font tout et n'importe quoi, pour gagner quelques centimes ou quelques euros à chaque fois, c'est vraiment un exploit!

 

- ceux qui perfent en cahs game mais ne sont pas assez parients en tournois

 

- ceux qui perfent en MTT mais reperdent tout en cash game

 

- ceux qui sont spécialisés dans les SNG, y passent 8h par jour et décrochent les primes offertes par certaines rooms tous les mois

 

- ceux qui ne font que des HU

 

- ceux qui préfèrent le Omaha...

 

Bref l'éventail des joueurs est très large, alors pour attester de leur niveau il faudrait le faire variante par variante, et presque buy-in par buy-in (certains pros ont déjà dit ou écrit que le plus dur était de passer le cap des petits buy-ins).

 

Prenons mon cas comme exemple: sur Winamax j'ai un ROI (un retour de investissement) de 51% sur les MTT de buy-in < 6€: on pourrait penser que je me débrouille plutôt pas mal, mais c'est sans compter les MTT à plus de 22€ de buy-in dans lesquels sur cette room je me suis bien vautré jusqu'à présent, suffisamment pour me faire perdre tous les bénéfices engrangés sur mes petits MTT.

 

Alors comment définir le niveau d'un joueur,  à part en utilisant sharkscope ? (et encore même s'il donne une image correcte du joueur concerné il y a sans doute des erreurs : dans mon cas sharkscope ne me compte par exemple que les 2/3 des MTT détectés par Xeester, faussant donc les résultats ; de plus il ne comptabilise pas les résultats de certaines rooms, comme feue pokerXtrem, sur laquelle j'avais fait environ 1500€ de bénéfices; je crois aussi que sur les tournois rebuy, le logiciel ne sait pas combien chaque joueur a pris de rebuys, et établit donc une moyenne, qui peut s'avérer asssez loin de votre cas).

 

Chacun selon son style aura plus ou moins de difficultés contre tel ou tel joueur, et le trouvera donc mauvais, exploitable, solide ou très fort, alors qu'un autre aura une autre opinion.

 

En fait la plupart du temps les joueurs jugent du niveau de leurs adversaires selon quelques critères qu'ils peuvent constater en quelques dizaines de mains : l'agressivité du joueur (le pourcentage de fois où il rentre dans un coup, et comment il y rentre : limp, raise, 3bet, squeeze), sa résistance aux relances (et aux 3bet), et ses sizings (le montant de ses relances).

 

Il y a quelques années de cela, un joueur considéré comme bon pourrait être aujourd'hui vu comme exploitable, car le jeu évolue avec les joueurs, et il faut toujours s'adapter pour rester dans les 15% de joueurs gagnants.

L'agressivité est devenue nécessaire, et le jeu small ball, avec des sizings de plus en plus pointus, la panacée.

 

Est-ce juste un effet de mode, et cela marche-t-il à toutes les limites?

 

C'est ce qu'on essaiera de décrypter dans la prochaine partie des "psychos de comptoir"!

 

 

d3a11e325f.jpg

 

PS: c'était mon 300ème article! Déjà!

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Published by mad_thorgal
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commentaires

blacksuccube 03/06/2013 22:22


non justement, il faut qu'il t'évite. Tu dois nourrir les plus gros toi

mad_thorgal 03/06/2013 22:50



Faudra d'abord m'engraisser avant que je nourrisse des plus gros loooool!


 



TomChak 03/06/2013 16:49


pour la dernière courbe, c'est pas qu'il a jamais perdu ou gagner, c'est plutôt son dernier gain qui écrase complètement sa courbe d'avant en explosant l'échelle de valeur.


sinon nice post :)

mad_thorgal 03/06/2013 22:44



Clair que l'échelle est importante sur les courbes sharkscope, comme la façon dont est calculé le ROI, je vais d'ailleurs bientôt en parler!



Lessims 03/06/2013 14:26


Arf les 3/4 de mon commentaire ont été zapés (fausse manoeuvre je pense de ma part). Je disais juste que je me retrouve dans les joueurs récréatifs pour le plaisir que tu dépeins et du coup
j'espère que je suis difficile à jouer LOL (ce qui n'empêche pas les perfs d'ailleurs aussi ^^)


Sinon entièrement d'accord sur le fait qu'il est très difficile de classer les gros sharks sans leur sharkscope, car ils sont souvent les plus gros fishs en début-milieu de tournoi, mais plus çà
va, plus ils font forte impression !

mad_thorgal 03/06/2013 22:31



Pas d'accord pour le début de ton commentaire : sur ce que j'ai vu les fois où je t'ai joué, tu sais ce que tu fais, tu agresses mais pas n'importe comment, donc tu n'es pas un joueur récréatif
(après la gestion de bankroll c'est autre chose, je ne sais pas comment tu gères ça).


Par contre entièrement d'accord sur la fin de ton comment : souvent les gros sharks ne le sont que quand ils sont bien dans un tournoi, et font la différence par rapport aux joueurs comme moi sur
la fin.



Lessims 03/06/2013 14:16


Allez à ce soir pour de nouveaux bad beats !!

mad_thorgal 03/06/2013 22:27



pas pu m'inscrire sur la ligue 1, rentré trop tard du taf (réunion pour un gros projet), juste à temps pour la ligue 2 en late reg^^



winamini 03/06/2013 14:10


joli article pour ton 300ème post!!


bravo!! c'est clair même moi j'ai compris alors tu vois....


Ou t'as trouvé ma courbe sharscope?????  Enfin mon électrocardiogramme je dirais plutôt

mad_thorgal 03/06/2013 22:23



Lol, mais non mon poulet, pis toi c'est plus dur car tu te lèves tôt le matin alors tes perfs n'en sont que plus belles!



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